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Quand l’art s’invite à l’hôpital …

Quand l’art s’invite à l’hôpital, il dédramatise les lieux. En s’adressant à la sensibilité des individus, qu’ils soient patients, employés ou visiteurs, il leur offre un milieu de soins plus hospitalier et humain.

À l’automne 2010, à l’initiative de son directeur général, M. Christian Paire, le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) invitait le danseur-chorégraphe français Sylvain Groud. Fort de son expérience d’artiste en résidence au CHU de Rouen, ce dernier a su émouvoir patients et employés en livrant ses performances avec sensibilité, au cœur des unités de soins. Par la suite, au début de l’année 2011, la création d’un poste de délégué culturel est venue concrétiser cette volonté d’intégrer les arts et la culture à la mission de soins du CHUM. Il fut ainsi possible de consacrer des énergies à la mise en place de projets variés : organisation de concerts dans les unités de soins, installation d’œuvres d’art sur les murs, exposition de photos à l’occasion du 15e anniversaire du CHUM, élaboration prochaine d’une résidence de création d’artiste, etc. 

Le duo Parada dans une unité de soins de l’Hôtel-Dieu

L’intégration de l’art en milieu de soins présente cependant des défis particuliers. En effet, l’art est perçu par certains comme un luxe, et l’œil extérieur, pragmatique, aura tôt fait de critiquer la décision d’allouer des dépenses à de telles ressources quand les services eux-mêmes sont parfois menacés par les restrictions budgétaires. Il est donc naturel et nécessaire que des efforts soient consentis afin de susciter l’adhésion au projet et d’en démontrer le bien-fondé.

En ce sens, la crédibilité de la démarche repose sur deux éléments fondamentaux :

  1. La réalisation de projets convaincants et de grande qualité. À cette fin, il est apparu essentiel d’établir des alliances avec des organismes et des institutions reconnus tels que la Société pour les arts en milieux de santé, la Fondation de l’art pour la guérison  et la Faculté des arts de l’Université du Québec à Montréal.
  2. L’autofinancement des activités, afin de ne pas affecter des sommes qui seraient autrement consacrées aux soins et services. L’implication du milieu des affaires devient, par conséquent, une avenue nécessaire, tout comme la participation des secteurs publics de la culture. Évidemment, comme ailleurs dans le milieu artistique, le financement demeure un défi de taille, qui requiert créativité et persévérance afin de convaincre nos futurs partenaires de tout le potentiel du projet.

La meilleure façon de convaincre les sceptiques du bien-fondé d’une telle démarche consiste à mettre en lumière les réactions et l’émotion que suscitent les projets. Tel ce patient traité par dialyse qui, au son de la harpe, confie à son infirmière qu’il se sent « flotter sur un nuage » et en oublie momentanément ses douleurs. Ou ce visiteur qui, en se rendant au chevet d’un proche, découvre au détour d’un corridor une exposition de lithographies de Jean-Paul Lemieux devant laquelle il s’attarde quelques instants, apaisé. Quand l’art s’invite à l’hôpital, il dédramatise les lieux. En s’adressant à la sensibilité des patients, employés et visiteurs, il leur offre un milieu de soins plus hospitalier et humain. 

La harpiste Annabelle Renzo en gériatrie à l’Hôpital Notre-Dame

Notre démarche voit cependant plus loin, en ce sens qu’elle vise également à ouvrir l’hôpital sur la cité en présentant l’établissement en tant qu’acteur participant à la vie culturelle de son milieu. De plus, elle promeut la mise en valeur de l’histoire, du patrimoine culturel et architectural et des grandes réalisations des hôpitaux fondateurs du CHUM.

Enfin, la politique culturelle du CHUM se déploie dans l’avenir car, face au projet d’envergure que représente la construction d’un nouvel hôpital universitaire à la fine pointe de la technologie et de la recherche, il importe de ne pas oublier l’humain. L’art, cet élévateur de l’âme, sera là pour nous accompagner et nous aider à pousser un peu plus loin notre mission de soignants.

Ce billet est tiré largement de l’article publié sur le site de l’organisme Culture pour tous.

Pour en savoir davantage sur l’expérience du danseur-chorégraphe français Sylvain Groud au CHUM :

Version poétique (5:27)
Version informative (27:49)

Monsieur Mathieu St-Gelais est délégué culturel au CHUM.

Crédit photo: Luc Lauzière et Martin Viau, CHUM

 

 

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