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La rencontre de la culture et du développement durable dans les politiques publiques montréalaises

Depuis le nouveau millénaire, les acteurs mondiaux associent de plus en plus la culture au concept de développement durable, mais peu de villes encore ont trouvé comment réunir concrètement leurs politiques culturelles et leurs politiques de développement durable. Montréal en prend le pari et cherche aujourd’hui des façons d’intégrer davantage la culture aux stratégies de développement durable.

 La culture dans le Plan collectif de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015…

Cet engagement se reflète de plus en plus dans la place que Montréal accorde à la culture et au développement durable dans ses politiques publiques. Tout d’abord par l’intégration de l’Agenda 21 de la culture, adopté par la Ville en 2005, à la Politique de développement culturel et ensuite au Plan d'action 2007-2017 – Montréal, métropole culturelle. Puis, par l’inclusion de la perspective culturelle dans le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015 (Plan 2010-2015).

Cette perspective culturelle y est inscrite comme un élément permettant notamment d’assurer la qualité des milieux de vie résidentiels et comme un des moyens d’éviter l’étalement urbain. En effet, une vie culturelle de proximité est l’une des conditions essentielles à l’aménagement de quartiers durables.

Dans le cadre de cette démarche collective, Montréal compte déjà sur des organismes culturels partenaires du Plan 2010-2015  pour faire valoir leurs préoccupations dans les actions de développement durable. Le Musée des beaux-arts de Montréal, Pointe-à-Callière, le Musée d’histoire et d’archéologique de Montréal, l’organisme Culture Montréal, la Société de la Place des Arts de Montréal, la TOHU, le Cirque du Soleil, la Société des arts technologiques et la Vitrine culturelle sont au nombre des organisations de la collectivité montréalaise qui se sont engagées, aux côtés de l’administration municipale, à faire de Montréal une métropole durable.

L’invitation à devenir partenaire du Plan 2010-2015 est lancée à l’ensemble des organismes culturels et festivals culturels de Montréal. La contribution des organismes culturels est plus que nécessaire pour réaliser la vision de Montréal en développement durable qui rappelle notamment que « Montréal est une ville à échelle humaine, fière et respectueuse de son héritage, où tous agissent pour en faire une collectivité vibrante, prospère, solidaire ». Devenez partenaire vous aussi !

 … et dans le Plan corporatif de Montréal en développement durable 2010-2015

 La culture est aussi partie prenante du Plan corporatif de Montréal en développement durable 2010-2015 qui vise à mettre le développement durable au cœur du fonctionnement de l’administration municipale. Ce document inclut le premier jalon d’un référentiel en développement durable qui orientera les exercices de planification futurs des plans, politiques et programmes, de même que les dossiers majeurs de la Ville. L’aspiration à une meilleure qualité de vie est l’un des quatre principes directeurs de cette approche. En ce sens, la diversité et le dynamisme culturel, la protection du patrimoine, l’accès aux espaces verts et aux équipements de loisirs sont des critères incontournables.

Aussi, depuis que le Bureau Exécutif de Cité et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), dont le maire est l’un des vice-présidents, soutient la position de culture quatrième pilier du développement durable, une véritable collaboration s’est installée entre la Direction de la culture et du patrimoine et la Division du développement durable. Parmi les premières réalisations, un plan d'action interne « culture et développement durable » a été élaboré, des réunions d'information et de réflexion sont organisées autour de ce thème. Récemment, un guide de réflexion destiné aux employés a été réalisé pour mieux intégrer la culture dans les critères du développement durable dans la présentation des projets aux instances.

L'intégration de la culture dans le développement durable invite à un changement de pratique dans toute organisation et, finalement, à faire naître une véritable culture du développement durable.

Avec passion et conviction, la culture prend la place qui lui revient dans les stratégies de développement durable à Montréal. Cette démarche en cours a été saluée lors de la 6e rencontre de la Commission de Culture de CGLU, dont Montréal est vice-présidente de la Commission Culture, qui s’est déroulée à Rabat, au Maroc, en juin 2011. Cette démarche novatrice et les outils développés seront diffusés pour encourager d’autres villes à articuler leurs stratégies de développement durable et culturel.  

En décembre 2011, la Ville a appuyé par son conseil municipal la reconnaissance de la culture comme le quatrième pilier du développement durable aux cotés du social, de l’environnement et de l’économique. Un geste additionnel qui permet à Montréal d’être la première ville à adopter une telle déclaration par ses élus. À Montréal, la culture est au cœur du développement.

 + Pour en savoir plus – Lire le grand dossier Agenda 21 de la culture.

Madame Natacha Beauchesne, Conseillère en planification, Division du développement durable, Ville de Montréal en collaboration avec Emma Buttin et Marie-Eve Bonneau, Direction de la culture et du patrimoine, Ville de Montréal

 

 

 

 

Commentaires

  1. Par Daniel Quimper / 23 mar. 2012

    Suite à la curation de Monsieur Jacques Clos, j’ai relu mon texte qui critiquait le peu de place accordée à la culture dans le « rationnel » du référentiel de développement durable (politique publique de V. de Montréal). Je crois devoir aujourd’hui ajouter que j’aurais dû préciser bien clairement qu’il faut reconnaitre que le « référentiel, » en tant que tel, est « culturel, » en ce sens où il est issu d’une vision culturelle, pour ainsi dire, et que selon toute vraisemblance, il mènera à des politiques qui tiendront compte de la culture (préférences, mode de vie, opinions, religions, promotion de la diversité, etc.) comme facteur et non pas seulement de la rationalité des consommateurs (coût / bénéfice).

  2. Ping : Un référentiel du développement durable qui ignore la culture | Le blogue du Mile-End

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